Le projet

 

Chink est le projet d’une pièce sonore et chorégraphique réunissant artistes sourds et entendants. Un dialogue artistique entre des formes expressives - danse, langue(s), et musique - au cours d’un processus de création basé sur l’exploration sensible.

            Une langue des signes chorégraphiée rencontre une création sonore quadriphonique, établissant une double recherche autour de médiums à partager, son et image, vibration et mouvement.

            A la fois impulsion dont les gestes sculpteraient la forme et mouvement pictural  -  où geste et pensée ne feraient qu'un...

Le projet prendra forme à travers une mise en résidence au cours de laquelle Hokin Zerga, jeune artiste/performeur sourd, travaillera en collaboration avec Yérri Hummel et Kevin Jost tous deux musicien/compositeur.

            Hokin travaille sur ce qu’il appelle le “sign dancing”. A travers la danse, le corps, la musique et les signes se rencontrent, fusionnent jusqu’à se contenir mutuellement. La musique est vibration, le signe se fait réceptacle vibratoire. A la recherche d’une musique visuelle, basée sur une perception kinesthésique du son, les représentations qu’il propose associent souvent plusieurs médias : VJing, DJing, art de la scène.

            Durant cette résidence le travail s’articulera autour de la composition sonore  électroacoustique, fondation musicale et spatiale du travail du chorégraphe. Celui-ci approche ainsi une musique composée à son attention, le compositeur appréhende les perceptions du danseur.

            Le principe d’une résidence durant laquelle les artistes peuvent rechercher, expérimenter, nous paraît essentiel pour composer une interstice. Dès lors le spectacle final ne se définit plus comme une composition définitive, mais comme l’état d’un processus créatif à faire partager.

            A la suite de la représentation, une discussion sera ouverte afin que les artistes puissent revenir sur le chantier dans lequel ils se sont lancés, que le public puisse échanger avec eux autour de la pièce. Il s'agira également d'engager une réflexion sur les interactions complexes et multiples qui fonde toute identité, celle de la pièce, celles des artistes, celles du public, de poser la question de leur rencontre. Et si en ce qui concerne la surdité, à travers la création, le chantier ouvert invite à ne pas réduire la personne sourde à l'étiquette problématique de "handicap", en s'interrogeant sur la construction d'une identité sourde, le défi sera que chacun puisse saisir le miroir tendu afin de questionner l’identité des “entendants”, nos rapports au monde, à la musique, à la langue, à la fois individuels et collectifs, singuliers et partagés.